📚 À savoir

Embaucher un jeune au Québec : âge, consentement parental et heures permises

Depuis 2023, embaucher un mineur est strictement encadré : un âge plancher avec ses exceptions, un consentement parental sur un formulaire précis, et des plafonds d'heures qui reviennent à chaque rentrée. Voici les règles, article par article, et la liste complète des points à vérifier.

À jour au 10 août 2026 Dernier changement du droit couvert 28 octobre 2025

📖 Chaque règle renvoie à son article. Ce guide cite la Loi sur les normes du travail (RLRQ, c. N-1.1), telle que modifiée par la Loi sur l'encadrement du travail des enfants sanctionnée le 1er juin 2023, ainsi que la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Vous pouvez vérifier chaque référence dans le texte officiel sur LégisQuébec et consulter les outils de la CNESST. Ce guide informe; il ne constitue pas un avis juridique.

Qui est visé, et depuis quand

Tout employeur qui embauche une personne mineure au Québec

Les règles s'appliquent dès qu'un employeur fait travailler une personne de moins de 18 ans. Il n'y a ni seuil d'effectif, ni exception de secteur : un dépanneur, un restaurant, une ferme et un commerce de détail sont logés à la même enseigne.

Deux régimes se superposent, et c'est ce qui trompe le plus souvent. L'âge détermine si l'embauche est permise et si un consentement parental est exigé. La fréquentation scolaire, elle, détermine les plafonds d'heures - un jeune de 16 ans encore soumis à l'obligation scolaire y reste assujetti.

La Loi sur l'encadrement du travail des enfants a été sanctionnée le 1er juin 2023. Les plafonds d'heures, eux, sont en vigueur depuis le 1er septembre 2023.

Les six règles, article par article

Ce que la loi exige concrètement de l'employeur

1

Pas d'embauche sous 14 ans, sauf exception

L'employeur ne peut pas faire travailler un enfant de moins de 14 ans. Les exceptions sont prévues par règlement et limitées à neuf cas : domaine artistique, journaux, gardiennage, aide aux devoirs, entreprise familiale de moins de 10 salariés, organismes communautaires et sportifs, camps de jour municipaux, petites entreprises agricoles (12 ans et plus) - plusieurs avec supervision en tout temps par une personne de 18 ans ou plus. Hors de cette liste, l'embauche est interdite - la bonne volonté du parent n'y change rien.

LNT art. 84.3 · RNT art. 35.0.3
2

Le consentement parental, sur le formulaire de la CNESST

Pour un enfant de moins de 14 ans, le consentement écrit du parent ou du tuteur est obligatoire avant le début du travail, et il doit être donné sur le formulaire établi par la CNESST. Un consentement rédigé maison ne satisfait pas l'exigence, même signé. Le formulaire officiel de la CNESST.

LNT art. 84.3, 2e al.
3

Le consentement se conserve et se renouvelle

Il ne s'agit pas d'une formalité d'embauche à classer et oublier : le consentement doit être conservé, et un nouveau est nécessaire quand les tâches, les heures ou les disponibilités changent. Un jeune qui passe de la plonge au service, ou du samedi au soir de semaine, exige un nouveau consentement.

LNT art. 84.3, 2e al.
4

17 heures par semaine, dont 10 du lundi au vendredi

Pendant l'année scolaire, un jeune soumis à l'obligation de fréquentation scolaire ne peut pas dépasser 17 heures par semaine, dont au plus 10 heures du lundi au vendredi. Les plafonds tombent pendant les congés scolaires de sept jours et plus - l'été, la relâche - et reviennent à la rentrée.

LNT art. 84.4 · en vigueur depuis le 1er septembre 2023
5

Jamais pendant les heures de classe, à la maison la nuit

L'employeur ne peut pas faire travailler un enfant durant ses heures de classe (art. 84.4). Aucun travail entre 23 h et 6 h (art. 84.6), et l'horaire doit lui permettre d'être à sa résidence dans cette fenêtre, trajet compris (art. 84.7) - sauf exceptions réglementaires comme la livraison de journaux.

LNT art. 84.4, 84.6 et 84.7
6

La prévention doit tenir compte de leur âge

Les mécanismes de prévention en santé et sécurité doivent prendre en compte les risques particuliers des travailleurs de 16 ans et moins. En pratique : un accueil structuré, une formation aux tâches, des consignes de sécurité et une supervision désignée - ce qu'un jeune ne peut pas deviner et n'osera pas demander.

LSST, modifiée en 2023

Ce qui a changé, et quand

Une loi récente, dont une partie est entrée en vigueur plus tard

1er juin 2023

Sanction de la Loi sur l'encadrement du travail des enfants : âge plancher de 14 ans avec exceptions réglementaires, et consentement parental sur le formulaire de la CNESST.

1er septembre 2023

Entrée en vigueur des plafonds d'heures : 17 heures par semaine, dont 10 du lundi au vendredi, pour les jeunes soumis à l'obligation de fréquentation scolaire. C'est la règle la plus souvent enfreinte, parce qu'elle se vérifie horaire par horaire.

La liste de vérification complète

Les points sur lesquels une embauche se juge, avec leur fondement

Ce sont exactement les questions de notre évaluation gratuite. Elles sont ici en entier, pour que vous puissiez faire l'exercice seul. Si vous préférez que ce soit compté pour vous, l'évaluation prend cinq minutes.

Embauche et âge

  • Vérifiez-vous systématiquement l'âge à l'embauche (pièce d'identité, date de naissance au dossier) ? LNT - le régime dépend de l'âge exact : sans vérification, aucune règle ne peut être appliquée
  • Employez-vous des jeunes de moins de 14 ans uniquement dans les cas d'exception prévus par règlement ? LNT art. 84.3 et RNT art. 35.0.3 - interdiction sous 14 ans sauf neuf exceptions réglementaires
  • Pour chaque employé de moins de 14 ans admissible : le consentement du parent ou tuteur est-il signé sur le formulaire CNESST AVANT le début du travail ? LNT art. 84.3 - consentement écrit sur le formulaire établi par la CNESST
  • Conservez-vous les consentements et en signez-vous un NOUVEAU quand les tâches, les heures ou les disponibilités changent ? LNT art. 84.3 - le consentement doit être conservé et renouvelé à chaque modification

Horaires des jeunes scolarisés

  • Pendant l'année scolaire, limitez-vous les jeunes soumis à l'obligation de fréquentation scolaire à 17 heures par semaine, dont au plus 10 heures du lundi au vendredi ? LNT art. 84.4 - plafonds en vigueur depuis le 1er septembre 2023
  • Les horaires permettent-ils à l'enfant d'être à la maison entre 23 h et 6 h ? LNT art. 84.6 et 84.7 - travail de nuit interdit, et l'horaire doit permettre d'être à la résidence familiale entre 23 h et 6 h
  • Vous assurez-vous qu'aucun jeune ne travaille pendant ses heures de classe ? LNT art. 84.4 et 84.5 - interdiction durant les heures de classe, et horaires qui permettent d'être à l'école
  • Recalculez-vous les horaires des jeunes à chaque rentrée scolaire (retour des plafonds après l'été) ? LNT art. 84.4 - les plafonds reprennent dès la fin des vacances

Santé et sécurité des jeunes

  • Vos mécanismes de prévention SST tiennent-ils compte des risques particuliers des travailleurs de 16 ans et moins ? LSST art. 59 (1°) et 61.2 (1°) - l'identification des risques inclut ceux touchant particulièrement les 16 ans et moins
  • Chaque jeune reçoit-il un accueil structuré : formation aux tâches, consignes de sécurité et supervision désignée ? LSST - obligation générale d'information, de formation et de supervision

Gouvernance et registres

  • Tenez-vous un registre des jeunes employés (date de naissance, statut scolaire, consentements, heures hebdomadaires) ? LNT art. 84.3 (dernier al.) - les consentements se conservent comme des mentions au registre; en inspection, c'est le registre qui vous défend
  • Une personne est-elle responsable de la conformité d'embauche des jeunes (vérifications, consentements, horaires) ? Bonne pratique de gouvernance

Les quatre oublis les plus fréquents

Ce qui manque, en pratique, chez les employeurs qui embauchent des jeunes

1

Le consentement maison

Un formulaire rédigé par l'entreprise, signé par le parent, classé au dossier. Il ne vaut pas : la loi exige celui de la CNESST.

2

Les heures d'été qui continuent en septembre

Les plafonds tombent pendant les vacances et reviennent à la rentrée. L'horaire de 25 heures qui marchait en août devient une infraction la semaine suivante, sans que personne n'ait rien changé.

3

L'âge jamais vérifié

Sans date de naissance au dossier, aucune des règles ne peut être appliquée - et rien ne prouve la bonne foi de l'employeur en cas d'inspection.

4

Le changement de poste sans nouveau consentement

Le consentement porte sur des tâches et des heures précises. Elles changent souvent dans un commerce, et le document reste celui du premier jour.

Ce que risque un employeur en infraction

Sans dramatiser : ce qui est prévu

Depuis le 28 octobre 2025, les amendes vont de 1 000 à 25 000 $ par infraction pour une personne physique, et de 2 000 à 50 000 $ pour une société (LNT art. 140.1). Chaque jeune concerné et chaque semaine en infraction peuvent constituer des infractions distinctes : sur une équipe d'étudiants, l'addition monte vite.

En cas d'inspection, c'est le registre des jeunes employés - âges, statut scolaire, consentements, heures hebdomadaires - qui démontre la diligence de l'employeur. Un employeur qui a tout fait correctement mais qui ne peut rien montrer se retrouve dans la même position que celui qui n'a rien fait.

Vérifier votre situation

Douze questions, cinq minutes, aucun paiement demandé. Vous obtenez le constat point par point avec la référence légale de chaque écart. Si vous voulez ensuite la trousse employeur rédigée à partir de vos réponses - aide-mémoire par tranche d'âge, registre modèle, calendrier de conformité - elle est comprise dans tous les plans, à partir de 299 $, une seule fois.

Les sources officielles

Tout ce qui est cité ici est vérifiable gratuitement